C’est quoi le burn-out ?

Mémoire coécrit avec Philippe Roques-Geoffroy et Mahdi Hentati dans le cadre de la formation MIAGE de Toulouse.

Introduction

En tant qu’humain, nous avons toujours comme ambition de découvrir le monde. Que ce soit par la conquête spatiale ou par l’analyse des profondeurs des océans, nous sommes toujours en quête de savoir. En plus de ces découvertes liées au monde qui nous entoure, nous expérimentons aussi sur notre propre métabolisme, afin de connaître de mieux en mieux notre corps. Ces recherches passent par les découvertes de nouvelles maladies, qui doivent être analysées et catégorisées.

Parmi ces souffrances, existe le burn-out, soit le syndrome d’épuisement professionnel. Considéré par beaucoup comme le mal professionnel de notre siècle, ce syndrome divise tout de même les spécialistes. En effet, un débat fait rage dans la communauté d’experts, visant à savoir s’il s’agit ou non d’une maladie professionnelle. Nous constatons donc un problème de dépression chez certains individus, et nous allons tenter d’expliquer comment s’installe ce syndrome, et comment s’en libérer.

Au cours de ce mémoire, nous essaierons de définir le burn-out, et parcourir les différents types de burn-out existants. De plus, nous étudierons plusieurs cas de ce syndrome afin de mieux comprendre ses origines et ses impacts.

Définition

Tout d’abord, il est important d’apporter une rapide traduction du mot « Burn-out ». Cette expression vient du verbe anglais “to burn out” qui signifie “se consumer de l’intérieur” ou encore “brûler de l’intérieur”. Le terme « burn-out » est utilisé pour la première fois en 1980. Un psychologue américain nommé Herbert J. FREUDENBERGER, publiait un livre relatant de l’épuisement professionnel : “Burn-out: The High Cost of High Achievement”.

Ainsi dès les années 80, le burn-out était soumis à des études par divers spécialistes. Herbert J. FREUDENBERGER ne se doutait pas que son ouvrage deviendrait une référence pour tous ceux s’intéressant à ce phénomène.

Nous allons donc nous attacher à livrer le plus justement possible son approche, qui s’intéresse à l’individu mais replace aussi sa dynamique dans le contexte de la société actuelle. L’objectif était d’analyser les comportements mais également les relations interpersonnelles.

Au début de son ouvrage, l’auteur offre sa définition du terme « burn-out » qu’il traduit en français par « brûlure interne ». De plus, il qualifie ce syndrome d’épuisement professionnel « d’état de fatigue chronique, de dépression et de frustration apporté par la dévotion à une cause, un mode de vie ou une relation, qui échoue à produire les récompenses attendues et conduit en fin de compte à diminuer l’implication et l’accomplissement au travail » (Burnout : The High Cost of High Achievement, Herbert J. FREUDENBERGER).

Mais cette définition est parfois contestée par d’autres spécialistes, car elle est trop réductrice et ne prend en compte que le burn-out professionnel. En effet, on dénombre d’autres types de burn-out comme le burn-out parental, qui survient quand l’éducation d’enfants devient trop compliquée.

Le burn-out a donc été l’objet de nombreuses études, encore aujourd’hui. Il s’agit d’un domaine très vaste, que nous n’avons pas encore cerné totalement. Ce syndrome est pourtant très présent dans la société. En effet, des études indiquent que 5% des salariés seraient dans un début de burn-out, 16% seraient à risque, et entre 4 et 7% en burn-out complet. Un total de 25% des salariés seraient donc directement concernés par le burn-out (Suzanne Peters, coach, et Patrick Mesters, neuropsychiatre, dans leur livre Vaincre l’épuisement professionnel).

Idées reçues

Avant de commencer à étudier différents cas présentant ce syndrome, il est important de briser certaines idées préconçues.

« Le burn-out touche des personnes mentalement fragiles » : Les études conduites sur le sujet montrent que la fragilité mentale n’est pas forcément un prérequis pour voir apparaître ce syndrome chez un patient. L’idée que le burn-out serait un « genre de dépression » est un contresens ; la dépression est une maladie, alors que le burn-out n’est pas classé comme tel. Cependant, il est vrai qu’un certain type de personnalité est plus exposé au risque que d’autres. Il s’agit de personnes ayant un haut degré d’exigences morales, un sens exacerbé du travail bien fait. Ces personnes sont si impliquées dans leur métier, qu’elles deviennent des candidats plausibles au burn-out.

« C’est encore un ‘truc de femme’» : Voilà une idée reçue stupide, et fausse, mais pourtant pas totalement inexacte. La formulation est bien stupide, car elle rabaisserait la gravité du sujet à un triste stéréotype. Quant au diagnostic, il serait faux car toutes les observations indiquent bien que le burn-out touche toutes les catégories de personnes ; pas plus les fonctionnaires que les salariés du privé, pas plus les dirigeants et les cadres que les employés. Mais cette idée reçue n’est pas totalement inexacte, car ce syndrome se retrouve souvent dans les catégories de salarié.e.s soumises à trop de pression, trop de productivité, des horaires intenables, et trop de cadence. Ce bouquet de contraintes est très souvent le lot des femmes, notamment lorsqu’elles sont faiblement qualifiées. Du côté des cadres, l’investissement ne sera pas toujours identifié de façon égale entre les genres. En effet, lorsque l’homme sera supposé exprimer son « leadership naturel », la femme sera jugée « trop émotive et manquant de distance ». Et dans ce cas, la perception du jugement par autrui pourra devenir un élément déstabilisateur, pouvant entraîner un burn-out. En résumé, quand les femmes sont plus touchées que les hommes, c’est plus souvent à cause de leurs positions dans la société du travail que du fait de raisons internes liées à leur état physiologique et psychologique.

« Le burn-out, personne ne sait dire ce que c’est » : Certains pensent qu’il s’agit d’une fatigue passagère. D’autres y voient une marque positive de leur investissement. Le burn-out n’est pas une simple fatigue, il s’agit d’un syndrome. Soit un ensemble de signes, de symptômes, de modifications morphologies, fonctionnelles ou biologiques. Il n’y a aucun mérite à en arriver au burn-out ; et il n’est en rien passager. L’auteur Herbert J. FREUDENBERGER citait notamment un psychiatre, Claude VEL, qui dès les années 50 décrivait les « états d’épuisement » ; le fruit d’une rencontre entre un individu et une situation. Tant que l’individu arrive à s’adapter, il peut tenir son rôle. Mais s’il vient à fatiguer, un effort supplémentaire risque de l’entraîner vers un burn-out…

« Le burn-out nous tombe dessus, d’un coup » : Là encore, il s’agit d’une idée aussi fausse que répandue. Comme l’indiquent les auteurs d’« Idées reçues sur le burn-out » , l’atteindre est un processus long pouvant s’étendre sur plusieurs années. Il existe des signes précurseurs qui seraient pris pour des troubles banals et passagers, mais qui mis en perspective prennent une valeur prédictive. Ces signes sont compliqués à détecter et analyser, et on ne se rendrait compte de leur présence bien trop tard, une fois les dégâts bien réels.

« Être en burn-out, c’est la honte ! » : Dans l’ouvrage de référence « Idées reçue sur le burn- out », les auteurs indiquent que penser que le burn-out est un syndrome honteux est très risqué. En effet, cet état d’esprit pousse les personnes en burn-out ou quasi burn-out à se renfermer sur elles-mêmes afin d’éviter les jugements de leurs collègues ou de leur famille. Ceci a tendance à aggraver leur état, car ces personnes tentent de résoudre le problème d’elles-mêmes en se plongeant de plus belle dans leur travail. Afin d’aider à combattre ce comportement, des partenaires sociaux et spécialistes sont présents dans les entreprises ; il s’agit des CHSCT qui sensibilisent les employés aux RPS (Risques Psycho-Sociaux).

Etiologies

L’étiologie consiste en l’étude des symptômes et des causes d’une maladie. Ici, nous tenterons de mener une étude succincte visant à comprendre le processus de burn-out, et quels sont ses facteurs favorisants. Cette étude sera découpée en plusieurs parties. La première visera à détailler l’environnement professionnel, la seconde sera dédiée aux caractéristiques individuelles. Enfin, la troisième et dernière partie permettra de comparer ces causes par rapport au contexte de vie affective et familiale.

1. Environnement professionnel

Bien souvent, la pensée générale estime qu’un épuisement professionnel vient uniquement des caractéristiques du travail. Effectivement, les exigences qualitatives et quantitatives sont nombreuses ; on note la surcharge de travail, les contraintes importantes afin de respecter le rythme de travail, l’implication sur le plan humain importante, ou encore les grandes responsabilités.

Outre ces contraintes facilement détectables, existent d’autres, plus compliquées à discerner. Une personne peut également faire un burn-out, si par exemple elle ressent un manque de contrôle dans ses activités ; sur la gestion du temps, sur les prises de décision, ou encore une faible autonomie.

Toutes ces contraintes sont le fruit de la pression du travail ; en effet, les entreprises se présentent à leurs employés comme avec de hautes exigences. Ainsi, les individus sont poussés à se surpasser afin de répondre à ces exigences, et acquérir un sentiment d’appartenance et de la reconnaissance. Enfin des changements internes à l’environnement professionnel tel qu’un changement de poste, une mutation, ou un changement de hiérarchie peuvent entraîner les personnes vers un burn-out.

Cette sensation d’un environnement professionnel incontrôlable est détaillée à travers différents témoignages, dans le documentaire d’Elsa Fayner « La mécanique burn-out » (https://www.youtube.com/watch?v=VWC6Y1gimDI). L’un de ces témoignages montrait un emploi prenant une place importante dans la vie de la personne. Celle-ci travaillait sur trois villes différentes, et devait partir de chez elle très tôt afin de pouvoir répondre à la charge de travail. Cette personne pouvait travailler jusqu’à douze heures par jour.

2. Des caractéristiques individuelles

Sur le plan individuel, certaines personnes sont plus à risque que d’autres. Certaines situations, attitudes ou caractéristiques individuelles peuvent contribuer à l’épuisement professionnel, surtout lorsqu’un contexte de travail stressant œuvre.

Afin de reconnaître les candidats au burn-out, des experts ont détaillé une série de comportements assez classiques que nous retrouvons chez ces individus. Ces experts citent notamment un engagement sans limite dans son travail ou bien un sens du devoir poussé à l’extrême. Ces candidats sont aussi adeptes du perfectionnisme dans tous les aspects professionnels.

Les experts sont également d’accord pour indiquer que ces personnes ont des exigences élevées, voire inaccessibles envers eux-mêmes. De plus, ils parlent aussi de conscience professionnelle élevée. Lorsque la charge de travail augmente trop rapidement, les employés les plus performants sont les premiers à subir cet excès. Cet impact est d’autant plus important car ce profil de personne a du mal à déléguer les tâches et les responsabilités, et ces individus ont également une forte conviction telle que « je ne peux pas dire non », « je dois toujours être fort », ou encore « je dois plaire à tout le monde ». Et cette croyance est fortement combinée à un manque d’estime de soi, passant par des sentiments comme « je n’y arriverai pas », « je ne suis pas capable de le faire ».

Au niveau des autres problèmes professionnels notables, les experts distinguent une tendance à l’anxiété, et à l’anticipation anxieuse des évènements. De plus, ces personnes peuvent éprouver des difficultés à laisser de côté les problèmes professionnels à la fin de leur journée de travail. On peut donc noter une propension à négliger l’évacuation des tensions, et à pratiquer des activités ressourçantes telles que des activités physiques, de loisir, ou de détente.

Bien évidemment, l’oubli de soi va de pair avec ce manque d’activités extérieures au travail. Il est notamment accompagné de la difficulté à poser ses limites par rapport à la charge, et à la surcharge de travail.

Enfin, le dernier point exposé par les experts du syndrome d’épuisement professionnel n’est pas partagé par toutes les personnes exposées à ce syndrome. Il concerne uniquement les personnes ayant un sens de la compétition développé, et qui ont tendance à toujours se mettre en concurrence avec leurs collègues de travail. Cette mise en concurrence permanente apporte une nouvelle source de stress pouvant entraîner encore plus rapidement l’individu vers un burn-out.

3. Des conditions liées à l’environnement familial et amical

L’environnement privé et amical intervient également dans la qualité de vie, et donc influe sur une possibilité de burn-out. En effet, le milieu familial et le réseau de soutien social modulent l’impact des difficultés rencontrées au travail, en permettant à l’individu de s’extraire de ces problèmes.

Inversement, une vie affective et familiale pauvre, ou même apportant du stress, aura tendance à augmenter la probabilité de déclencher un burn-out. Dans certaines situations, même une vie privée qualitative risque d’apporter du stress supplémentaire ; notamment prendre soin des enfants, des parents ou d’un proche dans le besoin par exemple.

On remarque donc que les personnes susceptibles d’être victimes de burn-out n’ont pas conscience de leur situation. Elles éprouvent des difficultés à identifier leur souffrance, elles ont tendance à s’adonner au surmenage, et elles négligent les signaux d’alarme et les signes physiques. Il est donc primordial pour leur entourage de détecter ce genre de comportement, afin de réagir au plus vite et d’éviter ce syndrome d’épuisement professionnel.

Symptômes

Le cycle du burn-out

Le burn-out professionnel a souvent pour origine une augmentation soudaine de la charge de travail, excédant la capacité de l’individu. Lorsqu’elle se rend compte que ses capacités ne seront pas suffisantes, la personne peut réagir de plusieurs façons ; la première consiste à déléguer une partie de la charge de travail, ou bien d’alerter ses supérieurs de la charge trop élevée. Cette réaction est celle à adopter, il n’y a aucune honte à indiquer que la charge de travail est trop importante pour une seule personne.

Cependant, une partie de la société va réagir différemment. Afin d’assumer le travail supplémentaire à réaliser, ces personnes vont se mettre instinctivement en état de stress, les poussant à se dépasser pour réaliser ce qu’on attend d’elles. Le problème provient une fois le travail fourni ; soit l’individu est attentif et conscient de son niveau de stress, et va le niveler pour se protéger. Dans ce cas, un syndrome d’épuisement professionnel ne se déclarera pas. Dans un second cas, l’individu ne sera pas conscient de son état de stress important, et il gardera le même niveau. Il va donc réévaluer inconsciemment sa capacité de travail, mais sans se rendre compte qu’il est déjà en surcapacité.

Cette réévaluation a aussi des impacts néfastes sur l’individu : fatigue, perte de sommeil… Sans s’en rendre compte, cette personne va réduire sa capacité de travail réelle, en pensant l’augmenter. Elle se retrouve alors face à la même charge de travail qu’elle arrivait à réaliser grâce à un début de burn-out, mais avec une capacité de travail diminuée. Pour faire face, l’individu va donc essayer une nouvelle fois d’augmenter son stress afin de combler ce manque, en vain. Il atteint donc un état de burn-out.

Le cycle de burn-out est ainsi un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. De plus, l’état de pré-burn-out est satisfaisant pour la personne, car elle réussit, en se surpassant, à venir à bout du travail à fournir.

2. Symptômes du syndrome d’épuisement professionnel.

Le syndrome du burnout peut se définir par un état d’épuisement général. Il s’agit d’un épuisement psychique, émotionnel et mental. La personne victime de burn-out se sentira incapable de récupérer sur de courtes durées, les repos ne faisant plus effet.

De plus, la crainte de la perte d’emploi peut jouer un rôle dans l’apparition de symptômes de stress et de burnout. Comme de nombreux psychologues du travail l’ont constaté, le burnout est devenu un terme à la mode. Pour cette raison, les vrais symptômes sont souvent méconnus et pris en charge trop tardivement. Malheureusement, les traitements sont encore peu efficaces de par la prise en charge trop tardives des individus montrant les symptômes. Et en l’absence de traitement, le syndrome peut évoluer et provoquer des problèmes médicaux sérieux, comme la dépression ou des maladies somatiques.

Parmi les différents symptômes évoquant le burn-out, on peut noter deux grandes catégories. Les signes physiques, et les signes psychiques.

Signes physiques

Le signe physique le plus évident permettant de détecter un burn-out est une fatigue physique persistante. Les vacances et le temps de repos sont inefficaces, et l’individu manque d’énergie. Viennent ensuite les troubles du sommeil. La personne est victime de sommeil non réparateur, de difficultés à s’endormir, d’insomnie, de cauchemars récurrents liés ou non au travail, ou encore à de l’hypersomnie.

On note également des troubles de l’alimentation, comme la perte d’appétit, une prise ou perte de poids, des nausées ou de l’anorexie. Les troubles digestifs sont également au rendez-vous, tout comme les problèmes musculaires tels que des crampes répétées, des raideurs, des douleurs dorsales, des lombalgies répétitives.

Ces personnes évoquent aussi des maux de tête et migraines, des vertiges, et même des évanouissements. Le burn-out se reconnaît aussi par une baisse des défenses humanitaires, avec une sensibilité plus importante aux virus qu’à l’ordinaire : Ainsi les rhumes et les états grippaux semblent plus fréquents, et durent plus longtemps. Ces individus développent une intolérance au bruit et à la lumière, et ont des troubles visuels.

Signes psychiques

En plus de ces signes physiques, interviennent des symptômes psychiques. Il s’agit de fatigue émotionnelle importante, d’une sensation de « vide » intérieur, d’un abattement. La personne a également un sentiment de surcharge, de stress et d’ennui au travail. Elle a l’impression d’être débordée par toute demande professionnelle, et même extra- professionnelle.

Cependant, certaines personnes entrant dans un burn-out relatent d’une sensation de toute puissance, l’impression de pouvoir tout gérer. Ce sentiment les pousse à se surpasser. Au-delà de ces symptômes liés au travail, il est aussi question d’une impossibilité de se détendre à la maison, une incapacité à ne plus penser au travail en rentrant chez soi. Les proches indiquent une humeur changeante pouvant se traduire par un agacement, une irritabilité, une hypersensibilité, de la tristesse, des pleurs, ou de la colère, et même une dépression.

Certaines personnes ont tendance à s’enfermer dans un mutisme. D’autres éprouvent une déception envers eux-mêmes, ayant l’impression de ne pas pouvoir remplir leurs tâches, ou se sentant inutiles. Il est question d’un sentiment d’échec fort, d’une perte des idéaux et de la confiance en ses compétences. Ces personnes vivent une résistance pour se rendre au travail, et ont « la boule au ventre ».

Malgré une liste très détaillée et très fournie de symptômes indiquant un début de burn-out, il reste très difficilement détectable par les spécialistes. En effet, tous ces symptômes sont communs et visibles chez bon nombre d’actifs, sans pour autant qu’ils indiquent un burn-out. Les experts cherchent donc à découvrir une combinaison de ces signes afin de pouvoir réellement diagnostiquer un syndrome d’épuisement professionnel. De plus, chaque individu réagit différemment et peut présenter plus ou moins de symptômes, ce qui ajoute une nouvelle difficulté pour les médecins.

Quelques exemples réels

Romain, commercial

En Janvier 2011, Romain est commercial dans une entreprise d’une vingtaine de salariés. Il a 25 ans, et travaille beaucoup. Au milieu d’une réunion avec ses collègues, Romain s’écroule et convulse au sol, pris de tremblements, en pleine crise d’épilepsie. Suite à cet événement grave, le salarié enchaîne huit mois d’arrêt de travail. Il consulte différents médecins, passe de IRM, il est placé sous différents médicaments comme des anxiolytiques et des antidépresseurs. Après ces huit mois d’arrêt, il tente de revenir dans son entreprise, en vain. Dans une interview donnée à Metronews, Romain explique : « Après mon burn-out, je n’arrivais plus à revenir dans l’entreprise, c’était horriblement anxiogène. D’ailleurs, je bloquais complètement à l’idée d’être confronté au public. » Cette victime de burn-out explique se sentir faible aux regards des autres. Le jeune homme s’enferme alors chez lui, limitant au maximum ses sorties. Ses proches ont du mal à comprendre ce qui lui arrive, tout comme les médecins.

Bien des années après, Romain est maintenant hors de danger. Il s’est longuement documenté sur le sujet, et relate à Metronews les signes avant-coureurs qu’il aurait pu détecter. Il cite notamment la pression qu’il a subie provenant de ses supérieurs, et même de lui-même. Le jeune homme explique aussi que la personnalité entre beaucoup en compte. Pour lui, les personnes perfectionnistes ont plus tendance à être à risque, de par le stress dont ils sont souvent victimes, comparés aux autres profils. Ses affirmations ont été confirmées par des experts et des médecins spécialisés dans le burn-out. Avec une sensibilisation des entreprises, à destination des supérieurs hiérarchiques et des collègues de Romain, il aurait peut-être été possible d’éviter son burn- out.

Thierry, berger

Le berger de quarante-huit ans détaille son histoire à Elsa Fayner, réalisatrice du documentaire « La mécanique burn-out ». Il explique ne pas avoir compris d’où venait son burn-out ; le jour où il a eu sa première crise de panique, il a juste eu le temps de téléphoner à son épouse pour lui souffler qu’il n’allait pas bien. Ensuite, Thierry se souvient simplement de son réveil dans l’hélicoptère le menant à l’hôpital. Les médecins lui ont expliqué qu’ils songeaient à un Accident Vasculaire Cérébral. Après analyse, l’homme a appris que son cœur était descendu en dessous de quarante pulsations minute, un taux très bas pour un être humain. Il a alors consulté différents spécialistes, et il a finalement appris qu’il était en plein burn-out.

Ce fût pour lui une période très compliquée, de par son métier où son absence n’est pas tolérée. En effet, les bêtes ne peuvent se débrouiller seules, et le berger explique qu’il a essayé de réduire au maximum son rythme de travail, pour se ménager.

Liens entre les témoignages

Au travers de ces deux témoignages, on voit que les victimes de burn-out ne détectent que très rarement leurs symptômes. Souvent, le point de non-retour qu’ils franchissent allègrement est la première crise de panique.

Toutes les victime soulignent que cette crise de panique arrive sans raison apparente, et pas forcément dans une situation compliquée. Enfin, les témoignages relatent des premiers diagnostics donnés par les médecins, indiquant très souvent une dépression ou un AVC. Ce n’est qu’à la seconde crise de panique que les personnes se tournent vers des spécialistes, qui détectent leur burn-out.

Ces témoignages montrent bien le manque de sensibilisation dans le monde professionnel. Cependant, certains métiers rendent la détection du burn-out plus complexe. Il est question des métiers où les collègues de travail ne sont pas forcément présents au quotidien, comme les ouvriers de l’élevage, les techniciens-commerciaux, les métiers du service à la personne, ou encore les employés du secteur médical.


Documentaire France 5 réalisé par Elsa Fayner

Conséquences

Un burn-out est une étape importante dans la vie de la personne. Ce syndrome peut entraîner bien des situations. Pour les conséquences néfastes, on peut par exemple citer des conduites à risques, des dépendances diverses, une dépression, ou même le suicide. Mais le burn-out peut avoir un effet positif à long terme ; une personne se tirant d’un burn-out va faire un bilan de sa vie, et faire l’inventaire de ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut plus. Ce bilan va lui permettre de remettre sa vie « à plat » et elle prendra potentiellement des choix radicaux, comme une démission si elle ne se sent plus en adéquation avec son poste.

Préventions

Afin de lutter contre le burn-out, il est nécessaire de réaliser un diagnostic, donc une évaluation de la personne concernée. On dénombre trois méthodes de prévention mises en place. Afin de résumer ces trois méthodes de prévention de façon claire et précise, nous avons ajouté une annexe 1 « Les étapes de la prise en charge du burn-out ». Cette infographie présente les trois niveaux de burn-out existant, et montre les adjectifs leur convenant. Cette infographie est d’autant plus intéressant car elle apporte des solutions faciles à mettre en place ; comme prendre des vacances par exemple. Enfin, elle montre aussi les méthodes de prévention à adopter ; comme le coaching, la psychothérapie ou encore directement une méthode médicale.

La prévention primaire est le premier niveau de prévention. Son objectif est d’agir en amont de l’apparition des premiers symptômes du burn-out et de prévenir le stress en agissant sur ses origines, ou sur les facteurs favorisant. Les méthodes comprises dans cette prévention passent par une sensibilisation au stress et à ses effets sur la santé physique et psychique, la promotion d’un mode de vie sain, et l’apprentissage de techniques de gestion du stress. Ces techniques sont des techniques de respiration, et de cohérence cardiaque. Enfin, cette prévention sert aussi à identifier les sources de stress, leur niveau, les symptômes ressentis ainsi que leur contexte et leur fréquence.

Vient ensuite la prévention secondaire, qui se situe au tout début de l’apparition de burn-out et l’objectif est de diminuer la durée et l’évolution du syndrome. Il s’agit de réduire les conséquences du stress ; notamment par des interventions destinées à soulager les employés de leur mal être, et à développer de nouvelles habilités. Cette prévention fait appel à des techniques de relaxation, de cohérence centrale (aptitude à mettre en cohérence les sensations ressenties et les évènements vécus), et de méditation.

Enfin, le dernier niveau est la prévention tertiaire. Cette prévention intervient sur les individus déjà en burn-out, et vise à leur apporter un traitement afin de les aider à s’en sortir mais aussi d’éviter les récidives et les complications.

Ces techniques de prévention sont accessibles par les employés. En effet, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à proposer des programmes de lutte contre le stress. Bien que le burn-out soit globalement considéré comme un signe de faiblesse dans le monde de l’entreprise, il ne faut pas hésiter à recourir à ces aides.

Plus on intervient tôt, et plus on évite que la situation ne se dégrade. On dispose aujourd’hui de bilans du stress, qui permettent de savoir exactement où en est l’individu, et ce qu’on peut faire pour combattre ce syndrome. Cependant, si l’entreprise ne propose pas de structure de lutte contre le stress et le burn-out, il est important d’en parler autour de soi, à sa famille, à ses collègues, à ses supérieurs, et si possible s’adresser à un spécialiste.

En plus de la prévention, il est important de prévenir les rechutes. En effet, après un burn- out, il faut se reconstruire. Certains organismes proposent des tests afin d’identifier clairement l’origine du stress ayant causé un burn-out. Ces organismes proposent d’entrer en contact avec les supérieurs de la personne, afin de proposer des solutions concrètes. Il s’agit d’un véritable accompagnement, qui prend en charge la période de burn-out mais également l’après.

Ces organismes proposent aussi des méthodes de coaching. L’un de leurs objectifs est de ne pas rechuter dans le burn-out. Les groupes de travail visant à éviter ce genre de comportement se focalisent sur les petits signaux d’alarme devant nous alerter, ainsi que les ressources dont les personnes disposent ou qu’elles peuvent développer. En général, les patients indiquent qu’ils se sentent plus solides moralement qu’avant.

Les étapes de la prise en charge du burn-out

Conclusion

Le burn-out est donc le syndrome d’épuisement professionnel. Il est encore mal catégorisé, et est considéré comme une faiblesse dans le monde du travail. Le burn-out est causé par un surplus de stress vécu par un individu, suite à une charge de travail trop importante pour ses capacités. Il est un cercle vicieux, car il apporte un sentiment de satisfaction lorsque l’individu arrive à se surpasser et à réaliser la charge de travail. Il peut également être entraîné par un environnement familial difficile. La prévention est inégalitaire entre les entreprises, et la prise en charge l’est également. Certaines entreprises proposent à travers leurs CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) des ateliers de sensibilisation et des méthodes de prévention pour combattre ce syndrome.

Sources

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